29 juin 2026

Mutations et Carrières

REFORME DE LA FORMATION INITIALE : Compte-rendu de la 1re réunion du Comité de suivi

Encore une réforme

Le premier comité de suivi de la réforme de la formation initiale s’est déroulé le jeudi 4 juin en présence des Recteurs de l’académie de Strasbourg et de la Grande région académique, des représentants des services du Rectorat (RH, EAFC en particulier), d’IPR, de représentants des universités et de l’INSPé, de représentants des organisations syndicales (dont la FSU).

Pour les Recteurs, cette réforme est une opportunité pour ouvrir les métiers de l’enseignement, notamment à des étudiants issus de quartiers populaires, de renforcer l’attractivité de nos métiers en élargissant les viviers de recrutement et de mieux accompagner les étudiants vers le métier avec une formation beaucoup plus professionnalisante.

La FSU a néanmoins rappelé que contrairement à ce qui était dit, il ne s’agit pas d’un retour au recrutement à Bac+3. En effet, avant la réforme de la masterisation (2010), il fallait être titulaire d’un diplôme de niveau bac+3 pour pouvoir s’inscrire au CAPES et les étudiants dédiaient généralement une année supplémentaire à la préparation des concours dans le cadre de l’Université ou des IUFM. Désormais, le concours sera placé au 2e semestre de l’année de L3.

La formation : un vaste chantier

Les 2 années suivies à l’INSPE se répartiront entre temps de stage - y compris en responsabilité la 2e année, formation professionnelle et formation académique. On peut craindre que l’acquisition de gestes professionnels se fasse au détriment des contenus disciplinaires et des apports de la recherche universitaire pourtant précieux pour faire face aux exigences d’un métier qui se complexifie, avec des questions vives et des profils d’élèves beaucoup plus hétérogènes.

Concernant la préparation du CAPES/CAPET/CAPEPS/CAPLP/concours de recrutement des CPE, l’Université assure que l’offre de formation en L3 sera adaptée pour permettre aux étudiants qui le souhaitent de préparer les concours, sans oblitérer la poursuite de la formation disciplinaire pour ceux qui n’iront pas en M2E (Master Enseignement et Éducation). Cette préparation pourrait se faire sous forme de groupes. La FSU a fait remarquer que cette organisation sera difficile à mettre en place dans les composantes qui accueillent peu d’étudiants, d’autant que l’austérité touche aussi l’Université et que les budgets des composantes sont en baisse.

Pour les étudiants qui ne réussiraient pas le concours en L3, l’académie de Strasbourg a fait le choix de leur réserver des places en M2E (comme dans environ la moitié des INSPE au niveau national). Les non lauréats devront alors candidater via la plate-forme Mon Master. Si le M2E dans leur discipline n’est pas proposé dans l’académie, ils pourront se diriger vers un master disciplinaire ou s’orienter vers une académie qui ouvre le M2E aux non lauréats dans leur discipline.

Ce mixage des publics en M2E obligera néanmoins les formateurs à faire avec des étudiants fonctionnaires apprenant le métier et des étudiants qui devront repréparer le concours.

A noter que dans l’académie de Strasbourg, la discipline documentation ne sera plus proposée en M2E dès la rentrée 2026. La FSU a interrogé le Rectorat sur la situation des actuels étudiants en M1 MEEF ou de ceux qui ne valideraient pas leur M2, qui ne pourront poursuivre leur parcours dans l’académie. Le Rectorat répond que cela devrait concerner 4 à 5 étudiants pour lesquels il propose un accompagnement individuel et qu’il invite à se rapprocher des responsables de formation.

Affectation des stagiaires – Rentrée 2026

Les prévisions ministérielles pour les concours L3 et M2 font état de 132 stagiaires temps plein et 135 à mi-temps. Sans précision du nombre par discipline.

Ces stagiaires ont dû formuler des vœux pour une affectation en académie qu’ils connaîtront entre le 29 juin et le 13 juillet selon les disciplines. Puis ils devront formuler des vœux pour être affectés en établissement dans l’académie. Une liste de supports indicative sera publiée sur le site du Rectorat à compter du 6 juillet pour les aider.

Le nombre de supports de stage disponibles pouvant être insuffisant si le nombre de lauréats des concours dans une discipline s’avérait plus élevé que les années précédentes, la FSU a alerté sur le risque de mobilité pour ces lauréats. Il a été répondu que la mobilité fait partie du statut de fonctionnaire.

Une commission académique sera aussi réunie pour évaluer le profil des lauréats et décider de leur statut à la rentrée (fonctionnaire stagiaire ou étudiant fonctionnaire pour les lauréats du CAPES L3 détenteur d’un M1, stagiaire à temps plein ou mi-temps pour ceux qui ont un M2 ou peuvent faire valoir une expérience professionnelle).