Jeudi 7 décembre, environ 70 collègues ont participé à la formation du SNES FSU sur le thème : « Résister au néomanagement ». Dominique Perrin a d’abord présenté les enjeux et l’utilité des Comités d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail. Marcello Rotolo a exposé les textes réglementaires qui permettent aux collègues de connaître leurs droits et ainsi éviter un certain nombre de dérives néomanagériales.
L’essentiel de la formation a été animé par Evelyne Bechtold-Rognon, professeure de philosophie, et membre de l’Institut de Recherche de la FSU, coauteure de l’ouvrage « Manager ou servir... » (cf http://institut.fsu.fr/Manager-ou-servir,238.html). Elle prépare en ce moment une publication sur le thème « pourquoi joindre l’inutile au désagréable ». Tout un programme...
Son exposé a d’abord évoqué l’étymologie du terme : de la famille de « main », il est en rapport avec la manipulation, le manège où l’on fait tourner les chevaux pour les dresser. Dès le XVIIIe s., le philosophe anglais Jeremy Bentham affirmait qu’il fallait occuper au maximum ceux qui travaillent. Son idée est aussi celle du panoptique, une prison où l’on voit tout le monde, ou le village des pauvres, là encore pour les avoir à l’oeil et à sa main.
Le rapport avec le fonctionnement actuel de l’éducation nationale, c’est l’idée d’occuper tout le temps les personnels, et le numérique y contribue largement. Ce n’est pas un effet secondaire, mais bien une organisation voulue. le travail est sans fin, voire infaisable, avec des injonctions incompréhensibles et contradictoires. Ces maux touchent aussi les chefs d’établissement, qui sont entre le marteau et l’enclume, et dont l’activité est cadrée par leur lettre de mission.
Comment résister ? D’abord par la solidarité, grâce à la section SNES FSU chaque fois que c’est possible, au travail collectif avec les élu.es au Conseil d’Administration, aux réunions (HMIS) qui ont pour but de parler du travail, d’étudier les documents (projets d’établissement, CA...), le pire étant de rester isolé.e et de se sentir coupable ou incapable.
Voilà une journée riche en échanges, et qui a renforcé nos capacités d’autodéfense intellectuelle.
Jean-Louis Hamm