28 février 2018

Actualités

Lycée 4.0 et carte scolaire au congrès du Snes-FSU - Article de L’Alsace (24/02/2018)

Lycée 4.0 et carte scolaire au congrès du Snes-FSU - Article de L'Alsace (...)

Lors de son congrès académique, jeudi et hier à Mulhouse, le Snes-FSU a abordé l’actualité nationale mais aussi régionale.

Environ 70 adhérents du Snes-FSU se sont retrouvés à Mulhouse, entre jeudi et hier, lors d’un congrès académique destiné à débattre des orientations du syndicat enseignant dans le 2nd degré, en vue d’une rencontre nationale fin mars.

En plus des débats autour des rapports préparatoires, un amendement régional a été apporté sur le lycée 4.0 « avant extension dans d’autres académies » (L’Alsace d’hier). Le syndicat, par la voix de ses co-secrétaires académiques Elise Peter et Jean-Louis Hamm, répète qu’il tient à ce que « le numérique reste un outil pédagogique » et demande un « moratoire » « jusqu’à ce qu’il y ait une vraie réflexion sur l’usage qui en ait fait et sur un matériel sérieux », et ce de manière « commune à l’Éducation nationale et à la région ». Selon le syndicat, le numérique « ne résout pas les inégalités sociales, tout dépend des matériels des élèves et de leurs pratiques d’internet ».

Autre point d’actualité abordé : la modification de la carte scolaire à Mulhouse destinée à « absorber un surplus d’élèves » dans les années à venir. Elle implique que des collégiens de l’éducation prioritaire soient inscrits dans des établissements de la périphérie, « sous le prétexte fallacieux de la mixité sociale ». « Ce sont des élèves fragiles qui vont se retrouver dans des classes à 30, dans des collèges eux-mêmes fragiles et sans moyen supplémentaire », pointe le syndicat, pour lequel la solution est que soit créé un nouveau collège.

Régulièrement, le Snes-FSU est interpellé par des enseignants stagiaires en situation « de détresse » et demande que ces nouveaux venus dans le métier, qui sont à la fois en formation et à mi-temps devant les élèves, « soient accueillis dans des conditions de formation dignes ». « Il y a énormément d’exigences et de pressions, des projets chronophages … C’est l’avenir de l’éducation qui est en cause. »

« Un gros problème d’encadrement »
Dans l’académie, le pourcentage de démissions durant l’année de stage est passé à 2,30 % en 2015-2016, contre 1,18 précédemment. Cela souvent « en raison de la surcharge de travail », « parce qu’ils ne s’attendaient pas à cela », ou suite à une mutation. Au niveau national, rappelle en outre le syndicat, ce sont 20 % des postes de profs du 2nd degré qui ne sont pas pourvus, faute de candidats. « Ensuite, ces postes ne sont pas créés, sous ce prétexte, alors qu’il pourrait y avoir des remplaçants ou des contractuels, dénonce-t-il au passage. Il y a un gros problème d’encadrement dans l’Éducation nationale. On préférerait un plan d’arrivées volontaires que de départs ! »

Enfin, il a été question des revendications nationales du Snes-FSU qui maintient sa position contre la réforme du lycée et du baccalauréat, ainsi que contre ParcourSup. Dans l’académie, il s’apprête à organiser un stage « de décryptage » pour appeler, une nouvelle fois, à la mobilisation, tout comme le 22 mars, il manifestera pour la défense de la fonction publique.

Catherine Chenciner, L’Alsace, 24 février 2018