Pendant la pandémie, la casse continue !

Le CTA qui s’est tenu le mercredi 20/01 a confirmé toutes nos craintes.
Si dans la lignée du ministre, le Rectorat annonce une augmentation de sa dotation de 18 ETP (équivalent temps plein), la réalité est tout autre…
Alors que notre académie accueillera 914 élèves de plus dans le 2nd degré à la rentrée prochaine, ce sont 43 emplois qui sont supprimés. Alors les 18 ETP ? Des HSA (+ 61 ETP) censées « compenser » les pertes de postes. Est-ce la fin programmée des temps partiels sur autorisation et l’imposition largement généralisée des 2 HSA rendue possible depuis le 1er septembre 2019 par la modification de l’article 4 du décret 2014-940 (encore un mauvais coup de Blanquer) ?

Les effets de cette politique, que le ministre présente aussi comme une façon de revaloriser les salaires des enseignants, remettant au goût du jour le « travailler plus pour gagner plus », sont délétères.

La Rectrice ayant ainsi annoncé que son souhait était de faire peser en priorité l’effort sur tout ce qui est « hors la classe », ce sont les moyens consacrés au suivi des projets pédagogiques au niveau du rectorat, à l’accompagnement des lycées 4.0 (dont les brigades) qui seront remplacés par des IMP ou des HSA. Même constat pour la coordination des dispositifs UPE2A qui relèvera désormais d’une NBI et non d’une dotation en heures.

En collège, quelques remontées d’établissements font état de classes très chargées, à 30 voire plus sachant que les élèves relevant des dispositifs ULIS et UPE2A ne sont pas comptabilisés dans les effectifs des classes où ils sont inclus.
Le coup est rude en particulier pour l’Education Prioritaire : de l’équivalent d’un poste surnuméraire (18h) attribué à chaque collège REP et REP+, il ne reste que 9h pour les collèges REP. Dans le même temps, le rectorat provisionne une enveloppe de 297h à répartir en fonction "des besoins et spécificités des collèges concernés", pour l’instant dans la plus grande opacité. Un premier pas vers la contractualisation des moyens et le démantèlement de l’Education Prioritaire…

En lycée, la saignée sur les postes se poursuit. Certaines dotations annoncent une explosion des effectifs en 2nde (souvent à plus de 34 élèves) voire dans certains groupes de spécialités. Par ailleurs, le nombre d’HSA explose et représente en moyenne près de 15% de la DHG (ce pourcentage était d’environ 13,5 au moment de la préparation de la rentrée 2020 et de 11,5 lors du constat de rentrée).
L’augmentation des HSA aura des conséquences concrètes sur les postes. Dans tel collège, le passage de 18 à 20h de cours pour deux collègues obligera un 3e à compléter son service dans un autre établissement. Dans tel lycée, le chef d’établissement annonce un « avis réservé » pour tous les temps partiels sur autorisation afin d’absorber un plus grand nombre d’heures supplémentaires. Et pourtant, en lycée justement, des collègues ont demandé des temps partiels pour pouvoir tenir toute l’année scolaire, tant leur charge de travail a augmenté. Pour eux, mais aussi pour tous ceux qui sans heure supplémentaire ont un temps de travail hebdomadaire supérieur à 40h, l’augmentation des HSA est synonyme d’une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail.

C’est pourquoi la FSU (dont le SNES) a voté contre la préparation de rentrée lors du CTA du 20 janvier.

Après la grève du 26 janvier, c’est désormais dans les CA que nous devons porter nos revendications. Nous mettons à votre disposition un exemple de motion (voir ci-dessous).

Exemple de motion