10 septembre 2021

Actualités

Une rentrée « normale » sous l’ère Blanquer....

La crise sanitaire perdure et le ministre persiste... Dans sa politique et ses déclarations d’autosatisfaction.

En collège

Pourtant les premiers retours de la rentrée dans les collèges de l’académie sont lourdes d’inquiétude pour cette année scolaire.

Comme on pouvait s’y attendre dans des établissements du 2nd degré touchés par les suppressions de postes (voir communiqué de presse du 30 mars) et l’augmentation des effectifs élèves, le premier constat porte sur l’explosion du nombre de classes chargées (30 ou 24 en Education prioritaire) voire très chargées (au-delà du seuil). Sur les 17 collèges ayant déjà fait remonter les enquêtes de rentrée, 13 sont concernés et dans 6 d’entre eux, certaines classes (de 1 à 4 selon les établissements) dépassent même le seuil de 30 ou 24. On note aussi des tensions dans les ULIS où le nombre d’élèves inscrits s’établit parfois à 13 alors que la circulaire du 21 août 2015 pose comme règle un nombre maximum de 10, toute augmentation étant décidée de façon dérogatoire par le DASEN.

Cette hausse des effectifs, particulièrement forte dans certains collèges, n’a pas non plus été prise en compte pour attribuer des moyens supplémentaires en vie scolaire (CPE ou AED).

Deuxième difficulté pour les collèges de l’académie, des postes restés vacants. Si du côté des sections générales du collège, le manque d’enseignants semble assez limité et concentré sur des disciplines habituellement déficitaires (allemand, technologie) voire quelques postes spécifiques (ex maths bilingue), les postes non pourvus concernent notamment les SEGPA où il manque des professeurs des écoles (4 collèges) voire des PLP (1 collège), ce qui conduit le rectorat à recruter en urgence des personnels non titulaires en ce début d’année. Après la forte mobilisation des AED contre la précarité de leur statut et la dégradation de leurs conditions de travail, on note aussi des postes encore non pourvus à la rentrée dans 5 des collèges ayant répondu. Postes vacants aussi chez des personnels administratifs (4 collèges), les PSY-EN (3 collèges), médecins et infirmiers scolaires (2 collèges), assistants sociaux (2 collèges) ... certains, notamment en milieu rural ou périphérie des grandes agglomérations de l’académie, cumulant.

Concernant le protocole sanitaire, la majorité des établissements ont abandonné le dispositif « une salle = une classes » (13 sur 17), dispositif sur lequel la médecine de prévention avait d’ailleurs émis des réserves. L’aération, dont l’importance a été rappelée, n’est possible qu’en oscillo-battants dans un tiers des collèges et dans une partie des salles de cours dans un autre tiers. Quant aux capteurs de CO2, seuls 3 collèges en font mention et encore à raison d’un par établissement.

Education Prioritaire / Français et culture antique
Le SNES académique s’était adressé en juin aux DASEN du Bas-Rhin et du Haut-Rhin au sujet de la dotation complémentaire des établissements de l’éducation prioritaire et de l’ouverture du nouvel enseignement facultatif de Français et culture antique.
Voilà les éléments qui nous ont été communiqués pour le Haut-Rhin :
- la dotation complémentaire des collèges de l’éducation prioritaire s’élève à 97HSA alors que 144h avaient été provisionnées au mois de février…. Les collèges REP ont ainsi reçu 5 ou 6h supplémentaires et les collèges REP+ entre 4 et 16h, sans que nous n’ayons d’explication sur ces différences ;
- l’enseignement « Français et culture antique », financé sur les moyens propres de l’établissement, est proposé dans 5 collèges à la rentrée 2021 : Cernay, Lutterbach, Ingersheim ainsi que Saint-Exupéry et Villon à Mulhouse.

En lycée

Concernant les effectifs, les établissements sont toujours sous tension. Sur notre échantillon, 50% des lycées ont des classes avec des effectifs à 35 élèves. Parfois, il ne s’agit que d’une classe, parfois de la majorité des classes, notamment en 2nde ou en STMG.
Du coté des enseignements de spécialité, les choix des élèves ont pu être respectés dans la plupart des établissements. Mais dans un établissement, la spécialité LLCA n’a pas été ouverte, le lycée n’ayant pas les moyens de financer sur sa marge une spécialité avec de très faibles effectifs. Dans un autre, les élèves pouvaient choisir leurs spécialités mais dans la mesure des combinaisons proposées par l’établissement. La situation est plus inquiétante pour les options puisque dans un lycée du Bas-Rhin, la réforme du lycée aura eu raison des enseignements optionnels d’arts plastiques et musique et bientôt de la LVC Espagnol.

Au chapitre des postes, après que la réforme du lycée en a déjà fait disparaître un certain nombre (près de 180), les choses ne sont pas glorieuses. Arrêtés de nomination très très tardifs, déplacements de TZR deux jours avant la pré-rentrée, gestion des collègues non titulaires toujours chaotique... Les démarrages ont souvent été difficiles. Sur notre échantillon, 40% des établissements avaient au moins encore un poste d’enseignant à pouvoir au moment de la rentrée, et dans un lycée, il manquait également des AED. La crise du recrutement se conjugue avec les affres de la gestion en flux tendus.

Cette rentrée serait incomplète sans un retour sur le protocole sanitaire... Les difficultés d’aération persistent puisque la possibilité d’ouvrir en grand toutes les fenêtres ne concerne qu’un peu moins de la moitié des établissements ayant répondu. Quant aux capteurs de CO2, seuls deux des 10 lycées en possèdent…. Un. Parfois payé par le lycée lui-même. Est-ce vraiment une surprise ?