Madame la Directrice des Services Académiques de l’Éducation Nationale,
Monsieur le Secrétaire général,

" La fraise gariguette est la plus cultivée en France. Très appréciée de tous, on la doit à une chercheuse de l’INRA d’Avignon qui a mis au point la variété avec son équipe. C’est une espèce précoce non remontante.
Son nom vient de l’adresse d’un chercheur de l’équipe qui habitait au Chemin des Gariguettes, à Châteauneuf-de-Gadagne, dans le Vaucluse.
La gariguette a une couleur rouge vermillon et une forme plutôt allongée, de taille moyenne. En revanche, la couleur doit être uniforme sur tout le fruit et la collerette bien verte.
Les plus odorantes sont généralement les meilleures.
"

nous ne poursuivrons pas plus loin cette grotesque description des propositions de reconversion de personnels fainéants que la porte-parole du gouvernement a esquissées il y a seulement 48h, mais vous savez qu’elles ont été ressenties par toute la profession comme une grave insulte. Il est trop facile de s’en excuser par la suite : porter la parole d’un gouvernement c’est mesurer le sens des mots, les personnels ne l’oublieront pas.

Comme ils n’oublieront pas, qu’au moment de la pire crise sanitaire que le pays ait connue depuis 1919, le Ministre de l’Éducation a tenu des propos irresponsables, incitant les personnels et les parents d’élèves à se déplacer alors même qu’un décret du Premier Ministre l’interdisait et que tous les experts s’accordaient à limiter les déplacements à des besoins vitaux. Dans le même temps, certains IEN et chefs d’établissement tenaient à peu près le même discours. La FSU le dit ici haut et fort : elle encouragera tous les personnels à refuser d’obéir à des actes manifestement illégaux ou de nature à compromettre gravement l’intérêt public, et ce conformément aux arrêts du Conseil d’État.

Voilà des années que l’austérité sévit sur notre système de santé. Les hôpitaux sont en nombre insuffisant, sous dotés en moyens financiers, en matériel et en personnels, du fait des politiques de restriction budgétaire de ces dernières années. A titre d’exemple, 69 000 lits d’hôpitaux ont été fermés depuis 2003, 8 000 depuis que M. Macron est au pouvoir.
Le gouvernement n’a pris aucune mesure récente pour compenser cela, malgré les mobilisations du personnel hospitalier depuis de longs mois.
De façon générale, il semble évident que le gouvernement a fait preuve d’un manque d’anticipation flagrant dans la gestion de cette crise : il était informé du risque sanitaire depuis plusieurs mois mais n’a pas pris les devants en terme d’organisation du pays, de constitution de stocks (masques, gels hydro-alcooliques, respirateurs artificiels…).
Il manque donc de masques, de solutions hydro-alcooliques, de respirateurs artificiels, de tests de dépistage… Mais alors que l’état d’urgence sanitaire est voté, rien n’est encore prévu pour entrer véritablement dans une économie de guerre contre le coronavirus : augmenter la production de ces produits, réquisition d’entreprises..

Une crise profonde agit toujours comme un révélateur. Celle que nous vivons révèle le courage et le dévouement de certains, la mesquinerie et la bêtise de quelques uns. Elle révèle aussi l’impréparation totale de l’Éducation nationale à la situation. Nous n’en faisons pas reproche ; vous n’êtes, nous ne sommes pas préparés. Mais nous le disons : nous disons que la continuité pédagogique est un leurre, que le troisième trimestre sera inexistant, que les examens ne pourront se tenir normalement. Nous n’admettons pas que notre administration mente aux élèves, aux parents, et par là, culpabilise les personnels. Nous ne voulons pas faire des élèves et des enseignants des geeks qui croient que le monde s’appréhende derrière un écran. Nous ne voulons pas faire croire à l’opinion publique qu’un bel et simple élan de générosité permettrait d’accueillir facilement les enfants des soignants car c’est faux : cet accueil est mal pensé pour le moment et fait courir des dangers considérables aux personnels et aux enfants. Enfin, si les mesures d’exception et la limitation stricte des déplacements sont éminemment nécessaires, il nous faut réinventer des moyens nouveaux d’exercer nos missions comme membres du CHSCT mais ne pas les abandonner : le temps n’est pas suspendu, tous les personnels travaillent, chez eux, ou en établissement, ou à la DSDEN et au rectorat. Nous continuerons à exercer notre droit d’alerte.

Il y aura une fin à cette crise, et ce sera le moment pour tous de rendre des comptes. Pour nous, membres du CHSCT, envers les collègues que nous représentons. Et nous l’avons toujours en tête.

Accueil en sécurité des enfants de soignants. Quelques réponses du service de médecine de prévention :