5 février 2019

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COMPTE-RENDU DE L’AUDIENCE LANGUES VIVANTES - VENDREDI 16 NOVEMBRE 2018

Le SNES a abordé 3 points :
- la réforme du lycée et du bac et le récent changement concernant la certification Cambridge,
- la question des regroupements et la tenue du groupe de travail qui était prévu à la rentrée
- le non-respect des horaires élèves en langues vivantes.

Le SNES-FSU a exprimé ses plus vives inquiétudes quant à la place des langues dans la réforme du Bac alors que le projet académique 2017-20 affiche encore la volonté de préserver la diversité des langues. Làs ! Cette réforme entraînera de nouvelles dégradations des conditions de travail, avec une augmentation des compléments de service, une précarisation et un isolement générant de la souffrance... Il est inquiétant de voir que les regroupements seraient la réponse à la diversité alors qu’ils ne fonctionnent pas depuis 10 ans.
M Guilbert nous répond qu’ils manquent d’informations sur la réforme pour l’instant, mais en auront plus en décembre avec les remontées des chefs d’établissements.
La survie des LV3 « point de vigilance dans l’académie » semble être dans une logique inter établissements.
Pour la section Euro, pas d’information quant à a déclinaison académique.
Les sections Abibac seront maintenues en parallèle du nouveau cadre et pourraient devenir une autre spécialité parmi les 4 langues possibles : anglais, allemand, espagnol et italien.
Mais si chaque établissement ne pourra proposer qu’une seule langue de spécialité « Langue, Littérature et Culture Européennes », pour répondre à la volonté du ministre Blanquer de rendre l’anglais obligatoire, on ne sait pas si, dans ce parcours Abibac, les élèves pourront prendre anglais en spécialité, ni si les établissements auront les moyens de prendre sur leur marge pour proposer une 2e LV de spécialité.

Le SNES-FSU a demandé où en sont les certifications et notamment Cambridge pour lequel l’Etat a signé un nouveau contrat avec un changement de modalités : Cambridge s’adresse dès cette année 2018 aux élèves de Terminale et à certains BTS de 2e année en validant le niveau B2 à C1, et non plus aux élèves volontaires de 2nde section européenne. Les collègues sont-ils informés ? Est-elle payante ? Qui paye ? Quel est alors l’avenir des langues dans le diplôme national du baccalauréat ?
On nous répond que les IPR ne l’ont appris que récemment, mais ce changement ne concerne que Cambridge, qui est nécessaire pour accéder aux universités étrangères ; lors du Baccalauréat, les élèves pourraient recevoir une attestation pour le niveau de maîtrise des compétences.
Ce changement, arrivant en même temps que la réforme du bac et la place de l’anglais, faut-il en craindre une généralisation ?
D’autant qu’il est faux de dire que Cambridge est la clef d’entrée pour le supérieur. Les universités américaines exigent le SAT et/ou le CAT. En Grande Bretagne, le TOEFFL, voire l’IELTS, le BULATS... L’inflation des certifications privées montre qu’il s’agit avant tout d’un marché.
Le SNES-FSU rappelle son refus de certifications délivrées par des organismes privés et demande que l’Education Nationale propose sa propre certification reconnue à l’échelle internationale.

S’agissant des regroupements, la tenue du groupe de travail prévu à la rentrée a été reportée en attendant de voir les effets de la réforme du lycée sur les langues vivantes et les regroupements. Ces derniers pourraient être généralisés et être une réponse au maintien de l’offre de diversité des LV dans l’académie. De ce fait, selon l’administration, les dysfonctionnements devront être traités. Et en ce qui concerne les LV3, il faudra sans doute envisager des regroupements organisés dans le cadre d’un partenariat inter-établissements.
La situation du regroupement de l’italien - lycée Marc Bloch :
Le SNES-FSU a rappelé le traitement déplorable depuis des années, et a demandé 2h pour cette année. M. Guilbert rappelle les 2 heures accordées au collègue et les 2 réunions faites avec le chef d’établissement. La représentante de la DOS nous explique que les moyens ETP et les moyens DHG relèvent de 2 logiques comptables différentes, d’où l’impossibilité d’ajouter / de créer des heures d’enseignement dans la DHG d’un établissement même si les collègues sont en sous service !
Pour l’administration, la réponse aux collègues en sous-service malgré-eux semble être dans le RAD (Rattachement Administratif Départemental) : une discussion est en cours avec la DPE pour créer un RAD en italien, voire pour d’autres langues à faible diffusion.
M. Guilbert reconnait les difficultés de gestion et d’organisation de l’ENT, spécifiques aux regroupements. Il est en discussion avec la DANE (Délégation Académique au Numérique Educatif) et mène une réflexion sur la communication et un affichage plus lisible des regroupements dans le dossier d’inscription des élèves.

La diversité de l’offre linguistique ; l’IPR admet la faiblesse de la politique académique en termes de diversité.
S’agissant du turc, la dotation ministérielle de 54h est insuffisante et ne prend pas en compte l’importance réelle de cette langue en Alsace. Il souligne les efforts d’ouverture de classes dans des collèges et les réticences, voire les refus des établissements. A la rentrée 2019, sous réserve d’accord des chefs d’établissement, il est prévu d’ouvrir une option turc LV2 dans trois collèges. Cet affichage devrait permettre au Ministère de prendre conscience des besoins réels.
… et de l‘arabe. On déplore le manque de professeurs et la nécessité de recourir à des étudiants pour qu’ils deviennent contractuels. Il souhaite montrer la réalité des besoins dans l’académie pour que le ministère ouvre des postes.
Réponses tout de même surprenantes alors que les besoins sont connus, ne serait-ce que parce que le Snes-FSU les rappelle régulièrement.
La situation du portugais : Il y a peu d’élèves inscrits au collège Pasteur. M. Guilbert interroge la pertinence du choix de l’établissement… L’ouverture d’une section internationale au collège Vauban et du Bachibac dans des lycées montrent la volonté de diversité du rectorat.

Le SNES-FSU a rappelé qu’une fois de plus les horaires officiels dans les regroupements et dans les classes ordinaires ne sont pas respectés. On nous dit que pour les regroupements, l’alignement se fait sur l’un des horaires des classes regroupées, et que la dotation est faite sur la base des remontées des besoins des établissements pour des groupes à 35. Tout groupe avec des effectifs inférieurs relève du choix de l’établissement qui doit prendre sur sa marge pour compléter les horaires.
Or les regroupements, mis en place après la rentrée, donc après les remontées des besoins ne fonctionnent pas depuis 10 ans…
La boucle est bouclée !