30 septembre 2018

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Mobilisation du 09/10 : Pour la défense des services publics et de l’Education Nationale

Mobilisation du 09/10 : Pour la défense des services publics et de (...)

Le SNES et la FSU se sont associés à la journée de grève interprofessionnelle du 9 octobre. Et les motifs de grève sont légion !

La menace budgétaire
Le gouvernement poursuit sa politique d’aides massives aux entreprises, prétendant qu’elles soutiendront l’activité économique, l’emploi et la compétitivité. Mais la réalité apporte déjà un démenti à cette politique : l’activité et la croissance ne sont pas au rendez-vous, notamment en raison de la baisse du pouvoir d’achat des ménages … Dans les faits, les aides aux entreprises sont donc des cadeaux fiscaux sans contrepartie. Qui va payer l’addition, estimée à 23 milliards ? Les retraités, les ménages bénéficiaires de transferts sociaux et bien entendu le service public et ses agents. La réduction de la dépense publique est l’éternelle recette pour tenter d’équilibrer le budget !
D’où l’annonce de la suppression de 4500 postes dont 2600 dans l’Education Nationale. Ces baisses seront essentiellement centrées sur les lycées et collèges ainsi que les services administratifs. On manque déjà de collègues dans nos établissements, nos classes sont en conséquence surchargées, plus encore du fait des inclusions, les agents administratifs craquent, les agents techniques manquent … Tous ces choix budgétaires qui nous semblent abstraits ont des conséquences concrètes sur nos conditions de travail et sur les conditions d’apprentissage de nos élèves. Qui va sauter l’an prochain ? Combien d’élèves en plus dans nos classes, alors que l’on attend 32000 élèves de plus ? Combien de classes en moins ? Nous ne pouvons plus accepter cela. Déjà la gestion des élèves et des postes au plus justes entraine des retards dans les préparations de rentrée avec des conséquences notamment pour les collègues TZR.
L’examen du projet de loi budgétaire va commencer au parlement. C’est donc le moment de manifester notre opposition aux choix gouvernementaux. Si nous sommes nombreux dans la mobilisation, nous pèserons sur les débats. La politique budgétaire doit cesser de servir les profits des entreprises par la casse des services publics. L’Ecole et nos élèves doivent être une priorité budgétaire !

La menace statutaire
CAP 22, institut Montaigne, cour des comptes, Sénat, Blanquer : ce sont les mêmes objectifs : la réduction de la dépense publique et les mêmes recettes. Le statut des enseignants est clairement dans la ligne de mire, sa casse étant un des leviers pour permettre davantage d’économies.
Parmi les pistes envisagées :

  1. L’annualisation du service (rapport de la cour des comptes). Notre statut actuel prévoit que notre service est établi sur une base hebdomadaire. Cette disposition nous protège contre les abus en limitant notre temps de travail et en obligeant l’Etat à payer tout dépassement du maximum de service hebdomadaire en heures supplémentaires. Elle nous permet aussi d’avoir une visibilité annuelle pour nous permettre d’organiser notre vie privée. L’annualisation du service ferait sauter ces protections. En haut lieu, on a fait les comptes : l’annualisation du temps de travail permettrait d’augmenter le temps de travail des enseignants de près de 20 % sans contrepartie financière … Autrement dit, une baisse déguisée de nos salaires se prépare.
  2. Imposer une seconde heure supplémentaire obligatoire (annonce de Jean-Michel Blanquer). C’est une première étape vers l’objectif mentionné plus haut. Nous pouvons actuellement refuser toute heure supplémentaire au-delà de la seule heure imposable et pouvons même refuser toute heure supplémentaire sur production d’un certificat médical. En faisant sauter ces verrous, la voie est libre à l’augmentation du temps de travail des enseignants. Et bien entendu, à grande échelle cela permettra d’économiser des postes …
  3. Recrutement et affectation (proposition de Jean-Michel Blanquer) : rôle accru des chefs d’établissements. Un recrutement direct par les chefs d’établissement mettrait à mal les règles communes pour l’affectation des personnels et nous placerait dans une position de sujétion et de dépendance alors que notre statut actuel nous protège largement de l’arbitraire. Il serait ainsi plus facile de pressurer les enseignants pour les rendre plus productifs, comprendre pour les faire travailler davantage sans contrepartie … Sans compter que les collègues perdraient les garanties que permettent le travail et la vigilance des commissaires paritaires lors des mouvements, comme c’est déjà le cas pour les postes spécifiques. Cette proposition, déjà appliquée dans les établissements ECLAIR (Education prioritaire) à l’époque de Sarkozy, est à mettre en relation avec les attaques contre le paritarisme et notamment les CAP.
  4. Evaluation et salaire au mérite. Les deux ne sont pas séparables : Blanquer veut évaluer tous azimuts, élèves, établissements et collègues dans une logique de mise en concurrence généralisée. Là aussi, cette évaluation permettra de faire travailler davantage les enseignants. En plus ils lutteront les uns contre les autres pour obtenir une part de salaire supplémentaire. Car il ne faut pas se leurrer : le « mérite » ne concernera par principe qu’une minorité alors que le plus grand nombre s’échinera dans ce vain espoir. En prévision, beaucoup de perdants et un seul vrai gagnant : l’Etat employeur qui pourra se dispenser d’augmenter les salaires du plus grand nombre puisque son objectif est de réduire la dépense publique. Là encore, l’Education prioritaire servira de laboratoire avec l’instauration d’une prime au mérite à partir de 2019 (Communiqué à lire ici)
  5. Le recrutement des nouveaux enseignants en L3 et non en M2. Cela peut paraître une mesure de bon sens pour faire face à la pénurie de recrutement, mais c’est un cheval de Troie idéal pour rendre caduc le statut des enseignants. Les nouveaux recrutés n’auraient d’emblée pas le même statut, les mêmes droits et obligations. Ils seraient par exemple bivalents et deviendraient sur le terrain les concurrents des monovalents. En divisant les catégories de personnels on accroit ainsi la pression sur tous.
    La concurrence à tous les étages, ce n’est pas le service public mais bien une rupture fondamentale avec ce dernier. Le souci de faire progresser les élèves deviendra encore plus secondaire qu’il ne l’est actuellement, s’effaçant complètement devant la nécessité de faire du chiffre, de la communication et du clinquant.
    Les choix idéologiques de Jean-Michel Blanquer et consorts sont d’autant plus dangereux qu’ils ont échoué là où ils ont été mis en œuvre : la chose apparaît clairement dans une étude sur les systèmes scolaires britanniques, néerlandais et suédois pourtant commanditée par le MEN … Qui peut croire qu’on améliorera le Service Public en rendant le métier d’enseignant plus pénible ? En revanche, la dépense publique diminuera bien, elle !
    A noter que dans tout ce qui fuit, (CAP 22, rapport du Sénat, …) il y a une grande absente : la question du salaire des enseignants. Plus personne n’ose nier la dégradation que nous avons subie depuis plus d’une décennie, mais rien n’est évidemment prévu. Les enseignants contribueront, en travaillant plus pour moins d’argent, à la réduction de la dépense publique.
    Ceci n’est pas acceptable et nous devons nous saisir massivement de la mobilisation du 9 pour manifester notre opposition à ces projets qui se cachent encore dans l’ombre mais pourraient rapidement devenir notre réalité quotidienne.

La menace sociale
2019 sera l’année de la réforme des retraites. Pour un gouvernement obsédé par la réduction de la dépense publique, c’est le sujet majeur : les retraites sont le premier poste de dépense. La réforme qui se prépare cherchera sans surprise à réduire cette dernière …
Le gouvernement se montre assez peu disert sur la question, mais les grandes lignes de la réforme sont connues :

  • Fin des régimes spéciaux, qui concernera donc les enseignants. Pour rappel, le calcul de nos pensions se fait sur la base de l’indice acquis dans les six derniers mois de la carrière. On peut s’attendre avec la nouvelle réforme à une dégradation de nos pensions.
  • Un régime de retraite par points. C’est le cœur de la réforme et ce sera une vraie arnaque ! Nous qui sommes payés sur la base d’un point d’indice savons d’expérience qu’un point ça se gèle … Mais qu’est-ce qui interdira à un gouvernement de réduire celui des retraités ? C’est déjà arrivé dans les pays qui connaissent ce régime, comme la Suède. Dès qu’un gouvernement cherchera à faire des économies, il saura quel levier il pourra actionner. Le sort actuel fait aux retraités ne laisse aucun doute sur ce qu’il adviendra dans un système de retraite à points.
  • Un recul de l’âge de départ. Le système par points nous sera certainement vendu comme nous laissant plus de liberté pour déterminer notre âge de départ à la retraite. Mais la valeur du point sera certainement calibrée pour nous pousser à repousser encore davantage notre départ, d’autant que cette valeur sera toujours révisable … La notion d’âge légal de départ à la retraite va doucement disparaître. Nous serons donc poussés à travailler au-delà de l’épuisement que nous ressentons tous en fin de carrière. Il deviendra sans doute difficile de partir avant 65 ans mais nous serons théoriquement libres de partir plus tôt … A noter que le passage à un système à points se traduira par l’individualisation du financement de la retraite. C’est très certainement la fin d’un système de répartition solidaire intergénérationnel qui se profile et l’encouragement au financement privé, qui sera bien entendu « un choix libre » pour qui pourra se le permettre.

Pour toutes ces raisons, le SNES académique appelle les collègues à se mobiliser en faisant grève et en participant aux manifestations :

- A Strasbourg, rendez-vous place Kléber à 14h
- A Mulhouse, rendez-vous Place de la Bourse à 14h30

Affiche SNES Strasbourg
Tract appel unitaire Fonction Publique
Tract FSU 67