Les collèges REP et REP+ du Bas-Rhin ont appris le vendredi 4 juin qu’ils avaient reçu une dotation complémentaire suite aux projets transmis par les chefs d’établissement au DASEN.
Selon les remontées des collègues, les collèges REP+ auraient reçu entre 15 et 16h et les collèges REP entre 6h et 8h.
Plusieurs questions restent à cette heure en suspens :
-  Sur quoi se fonde cette différence de traitement entre les collèges ?
-  Que sont devenues les heures non attribuées ? En effet, l’enveloppe « mise de côté » en février était de 153h, soit l’équivalent de 18h pour chaque REP+ et 9h pour chaque REP. Le compte n’y est pas...
C’est pour ces raisons, parce qu’avec les enseignants, ils dénoncent les baisses de moyens dans l’éducation prioritaire et la contractualisation des heures qui induit une concurrence entre collèges et parce qu’ils sont inquiets pour l’avenir des REP que les parents d’élèves de 5 collèges de l’Eurométropole (Lamartine, Leclerc, Rouget de Lisle, Solignac et Sophie Germain) ont organisé une opération « Collège Mort » le mardi 8 juin. Une trentaine d’élèves au maximum étaient donc présents ce jour-là tandis qu’enseignants et parents se rassemblaient devant les collèges concernés.
Rappelons que depuis la communication de la DHG en février, les collèges REP et REP+ du Bas-Rhin, en lien avec les organisations syndicales, ont organisé collectivement plusieurs actions :

  • Motions lors des CA sur la DHG pour dénoncer les pertes de moyens et leurs conséquences sur les conditions d’enseignement ;
  • Audience intersyndicale (CGT Educ’action – SNFOLC – Sgen-CFDT – SNES-FSU – Sud Education – UNSA) avec la DASEN adjointe le 17 février ;
  • Grève le 26/03 dans 3 collèges à l’occasion de l’évaluation externe d’un collège et communiqué de presse ;
  • Audience de représentants des collèges REP/REP+ avec le DASEN le 26/04 ;
  • Participation au rassemblement devant le rectorat le 30/04 ;
  • Grève dans un collège le 28/05

Ces mobilisations ont sans doute permis de récupérer une partie des heures mais les conditions dans lesquelles cette dotation complémentaire, tardive, en HSA et en contrepartie de projets a été attribuée sont inacceptables. La lutte pour obtenir une relance ambitieuse de l’éducation prioritaire devra reprendre à la rentrée.

Dans la presse

« REP en danger, non à l’éducation au rabais ! » pouvait-on lire mardi sur un mur du collège Lamartine, à Bischheim. Comme quatre autres établissements du réseau d’éducation prioritaire du Bas-Rhin, tous situés dans l’Eurométropole de Strasbourg, le collège du quartier des Écrivains est en grève, en mode « collège mort ». Les élèves, à l’exception d’une trentaine d’entre eux, ne sont pas venus en cours.
Les manifestants, parents et enseignants, font part de leur colère. L’annonce d’une baisse de la dotation horaire annuelle de 36 heures ne passe pas. Elle aurait pu être bien supérieure mais des négociations ont permis de limiter la casse. Elle s’ajoute à une diminution constante des moyens et à une réforme qui, dans les deux ans, pourrait remettre en question l’existence même des réseaux d’éducation prioritaire. » (Sophie Weber, DNA, 08/06/2021)

Mardi 8 juin, les collèges relevant des réseaux d’éducation prioritaire dans l’Eurométropole de Strasbourg étaient mobilisés « contre la baisse des moyens alloués à celles et ceux qui en ont le plus besoin ». Dans cinq collèges, deux à Schiltigheim, un à Bischheim et deux à Strasbourg, une opération « collège mort », à l’initiative des parents d’élèves et soutenue par les enseignants, a été particulièrement suivie. Les parents étaient invités à ne pas envoyer leur progéniture en classe. Il n’y avait ainsi que cinq élèves en cours mardi au collège Leclerc (Schiltigheim) et 10 au collège Sophie-Germain (Strasbourg). Les six autres établissements étaient en grève, pour les mêmes motifs, le 27 mai. En cause, la réduction des moyens horaires à la rentrée prochaine et la perspective d’une réforme mettant fin, dans les deux ans, au réseau d’éducation prioritaire. (DNA, 08/06/2021)