5 mai 2021

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Education Prioritaire : Une contractualisation des moyens qui ne dit pas son nom

Lundi 26 avril, des représentants de 7 collèges de l’Education Prioritaire du Bas-Rhin étaient reçus en audience par le DASEN et la DASEN adjointe du Bas-Rhin suite à la perte de 9h en REP et 18h en REP+ (voir article page 5 du Strasbourg SNES n°145). Le DASEN s’est voulu rassurant sur le retour des heures, disant qu’il ne devrait pas y avoir de gros changements par rapport à l’année précédente et ajoutant que les chefs d’établissement devraient recevoir sous peu la notification de la dotation complémentaire…

Pas d’inquiétude à avoir donc….

Sauf que les moyens attribués ne le seront plus au titre des besoins des élèves scolarisés en Education Prioritaire mais sur des projets remontés par les chefs d’établissement, le plus souvent sans consultation des personnels, contrairement à ce qui a été dit aux délégations.

La Rectrice qui recevait l’intersyndicale 2nd degré vendredi 30/04 a été plus claire. Tous les établissements ne recevront pas forcément la même dotation, les heures données le seront bien en fonction des projets qui sont actuellement examinés. C’est d’ailleurs ce qu’a dit le nouveau DASEN du Haut-Rhin à la délégation FSU qu’il recevait jeudi 29/04. Il a précisé que le dossier était en cours d’examen, que des projets arrivaient encore et que les arbitrages ne sauraient tarder.
Par ailleurs, contrairement aux années précédentes, ces heures seront des HSA, pouvant être transformées en HSE pour plus de « souplesse ». La Rectrice a aussi déploré que l’enveloppe pour « devoirs faits » soit sous-consommée dans les établissements de l’Education Prioritaire.

Pour justifier le changement de politique d’attribution des moyens aux collèges de l’Education Prioritaire de l’académie, plusieurs arguments sont mis en avant par la Rectrice et les DASEN :

  • La priorité donnée à l’Education prioritaire ne se limite pas aux collèges mais concerne aussi le premier degré avec les dédoublements en grande section-CP-CE1…. occultant le fait que les élèves actuellement au collège n’ont pas bénéficié de ces mesures ;
  • Le maintien du seuil 24 représenterait un vrai effort en faveur de l’Education Prioritaire alors que dans d’autres académies, le passage à un seuil 25 a permis d’économiser des postes…. Nous ajouterons que les inclusions, dans notre académie, ne sont toujours pas prises en compte dans ces 24 élèves ;
  • Le constat, dans la lignée de certains rapports à charge pour l’éducation prioritaire, que les moyens importants attribués à ces collèges n’avaient pas été suivis de résultats et que peut-être des dispositifs de remédiation extérieurs à la classe (devoirs faits, lutte contre le décrochage scolaire…) bénéficiant d’un financement en HSE étaient plus efficaces que des dédoublements ;
  • Des établissements avec des IPS (indice de position sociale) faibles ne reçoivent aucune dotation complémentaire.

Ces arguments annoncent une contractualisation des moyens, déjà visible cette année avec l’attribution d’heures sur projet, et une mise en concurrence des établissements de l’Education Prioritaire entre eux mais aussi avec des collèges à la marge de l’Education Prioritaire puisque l’enveloppe est inchangée. Le SNES-FSU refuse ce démantèlement et appelle à une relance ambitieuse de l’Education Prioritaire.