26 novembre 2020

Contenus Métiers

Mise en œuvre du protocole « renforcé » dans les collèges de l’académie

35 collègues, représentant le SNES dans leur établissement ont répondu à une enquête, entre le 13 et le 20 novembre, sur la mise en œuvre du protocole dans les collèges de l’académie. Nous les en remercions.
Ils représentent au moins 27 établissements, soit près de 20% des collèges de l’académie, puisque certaines enquêtes ne précisaient pas le nom de l’établissement.

La mise en œuvre du nouveau protocole s’est faite dès le 02 novembre dans une petite moitié (12) des collèges et progressivement, entre le 02 et le 09 novembre dans une autre moitié (9). Pour quelques collèges qui avaient conservé un protocole strict à la rentrée de septembre, il n’y a pas eu de changement. Dans la moitié des établissements (11 sur les 19 ayant répondu à cette question), ce « nouveau » protocole s’est mis en place sans concertation avec les personnels.

Limitation du brassage des élèves

Le principal changement est le retour au dispositif une salle = une classe (23 collèges) qui avait été abandonné dans la majorité des collèges à la rentrée de septembre. Cette décision, prise au nom de la limitation du brassage des élèves, est souvent couplée à la mise en place de zones dans la cour pour séparer les élèves par niveau (20 collèges).
Sauf que la plupart du temps, ce zonage ne s’accompagne pas de rentrées / récréations décalées. Or les AED ne sont pas suffisamment nombreux pour veiller à ce que les élèves restent bien dans la zone qui leur a été attribuée, d’autant plus que les toilettes sont situées sur une seule ou deux zones. Par ailleurs, les montées en classe en début de demi-journée et après les récréations donnent lieu à des regroupements importants d’élèves. Dans un collège, le brassage des élèves se fait aussi dans les salles de permanence qui ne sont nettoyées qu’une fois par jour.

Le dispositif une salle = une classe est aussi à géométrie variable. Dans quelques rares collèges, il concerne toutes les disciplines. Dans d’autres, en sont exclues les salles spécialisées. Mais là aussi ces salles ne sont pas les mêmes selon les établissements : ici ce sont les seules salles de technologie, là s’y ajoutent les salles de sciences (SVT et physique-chimie), parfois celles d’arts (Arts Plastiques et/ou Education Musicale). Mêmes inégalités pour les groupes de langues : dans tel collège, ils ont été conservés, dans un autre les élèves sont strictement regroupés par classe et les enseignants se retrouvent avec des élèves qu’ils ne connaissent pas….

Ces disparités alimentent l’incompréhension des collègues face à un dispositif qui pose de nombreux problèmes et que la médecine de prévention, en octobre, préconisait de ne pas maintenir.

Les collègues font ainsi remonter les difficultés suivantes :

  • Perte de temps du fait du déplacement entre les salles de classe auquel s’ajoutent le temps d’installation, dont la désinfection du poste de travail, la connexion à nos sessions, la connexion à l’ENT pour l’appel, et pour les enseignants de langue qui accueillent des groupes, le nettoyage des tables entre deux rotations. Ainsi les heures de cours sont régulièrement amputées d’une dizaine de minutes voire plus ;
  • Problème de gestion de classe après que les élèves sont restés seuls pendant une dizaine de minutes ;
  • Etat des locaux : les salles de cours sont beaucoup plus sales que d’ordinaire (papiers au sol notamment) ;
  • Fatigue et stress chez les collègues, qui naviguent de salles en salles en transportant leurs équipements et qui doivent s’adapter constamment quand les salles n’ont pas la configuration de leur salle habituelle (logiciels installés sur leur ordinateur, présence d’un TBI ou tableau à craie, enceintes, manuels, cartes murales, etc) ;
  • Question de la responsabilité en cas d’incident, voire d’accident grave, dans le laps de temps où les enseignants changent de salle et où les élèves sont laissés sans surveillance.

A noter que dans la quasi-totalité des collèges (24), la taille des salles et les effectifs des classes ne permettent aucun espacement entre les élèves.

Aération des salles

Concernant l’aération, elle reste problématique dans au moins un tiers des collèges où les fenêtres ne s’ouvrent qu’en oscillo-battant, obligeant, si l’on en croit le courrier adressé par Mme la Rectrice, à une aération quasi en continue au moment où les températures baissent.

Cantine

L’application du protocole dans les cantines est la question à laquelle les collègues ont le moins répondu, aussi parce que les élèves fréquentent parfois la cantine d’un autre établissement. Néanmoins, dans la plupart des collèges qui ont répondu (sauf 2), des aménagements ont été mis en place pour permettre une distanciation entre élèves et/ou limiter le brassage : mise en place d’un service supplémentaire, limitation du nombre d’élèves par table, plan de table pour que les mêmes élèves mangent ensemble. Dans un collège, ces dispositions ont aussi eu pour conséquence que la cantine n’est plus accessible aux enseignants.

Nettoyage / désinfection des locaux

Enfin sur la présence de produits désinfectants dans les salles de classe et en salle des profs, elle est attestée dans la quasi-totalité des collèges, sauf deux, malgré une pénurie ponctuelle de gel et désinfectants signalée dans un collège.
Le problème reste surtout le non recrutement d’agents supplémentaires, alors que certaines absences ne sont pas remplacées, ce qui rend plus difficile le nettoyage approfondi des locaux prévu par le protocole, sauf à accentuer la charge de travail des agents en place ou à en faire supporter une partie par les enseignants à qui incombe la désinfection des tables. C’est ce qui a motivé les personnels d’un collège au moins à adresser un courrier au conseil départemental.

Allègement des effectifs de la classe / de l’établissement

Cette possibilité a été discutée dans 9 collèges mais là où sa réalisation concrète a été demandée voire mise en place, les chefs d’établissement se sont vu opposer un refus de la part des autorités académiques, motivant dans un collège une grève fortement suivie par les enseignants.
Lors du CTA du 23 novembre, Mme La Rectrice a évoqué un courrier transmis aux principaux de collège leur expliquant que les demandes pour un fonctionnement hybride seraient examinées et qu’une suite favorable pourrait y être donnée si le contexte le nécessitait. Avec une réserve pour les collèges de l’Education Prioritaire où le présentiel est à ses yeux indispensable… Même si nous constatons que ce n’est pas toujours le cas quand il s’agit de remplacer des enseignants absents.

Extrait d’un article des DNA publié le 23 novembre
"Des protocoles à revoir
La réglementation fait obstacle à l’ouverture des fenêtres en grand dans les écoles et établissements scolaires, alors que la réduction des risques passe par le port du masque associé à une bonne ventilation, ont répété le professeur émérite Jacques Haiech, de l’université de Strasbourg, et le Dr Brigitte Bannerot. Aussi la médecine préventive demande de modifier le protocole pour pouvoir ouvrir en grand toutes les fenêtres en l’absence des élèves, ou bien la fenêtre devant laquelle le professeur se tient. Les médecins scolaires ont également un point de désaccord avec l’actuel protocole sanitaire. « Le croisement ponctuel d’élèves dans un couloir est moins risqué que de maintenir des élèves dans une même classe pendant quatre heures. Il est préférable de maintenir l’enseignant dans la même classe pour qu’il puisse l’aérer », estime Brigitte Bannerot."