4 juin 2019

Contenus Métiers

Bilan de l’enquête Mon Bureau Numérique – SNES-FSU - mai 2019

1. Rappel des questions posées
1. A ce jour, utilisez-vous toujours uniquement Mon Bureau Numérique ? (oui / non)

2. D’une manière générale, êtes-vous satisfait du fonctionnement de MBN ? (oui / non / ne se prononce pas)

3. Evaluez chacune des applications de MBN de 1 (très satisfaisante) à 5 (très insatisfaisante)

  • saisie / suivi des absences
  • cahier de texte
  • messagerie
  • saisie / suivi des sanctions
  • saisie / suivi des notes et des appréciations
  • usages pédagogiques
    Remarques / autres problèmes constatés

4. La possibilité de passer à une autre application a-t-elle été discutée dans votre établissement ? (oui / non / ne sais pas)

5. A-t-elle été décidée (vote du CA) ? (oui / non / ne sais pas)

6. Si vous avez acquis une autre application :

  • Quelle application l’établissement a-t-il acquise ?
  • Pour quel coût ?
  • Depuis quand ?
  • Pour l’année prochaine, pensez-vous ? (garder cette application / changer d’application / revenir au seul MBN)

2. Bilan des réponses
L’enquête a été ouverte du 26/04 au 17/05.
975 collègues ont répondu, répartis en : 881 enseignants, 68 personnels de vie scolaire et 36 administrateurs ENT (le total est supérieur à 975 car plusieurs réponses étaient possibles ex. enseignants et administrateur ENT).
Les sondés représentent 176 établissements connus, certains (215) n’ayant pas complété le nom de leur collège ou lycée.

Question 1
Les réponses manquent parfois de clarté puisque pour un même établissement, elles peuvent être contradictoires.
849 collègues déclarent n’utiliser que MBN, tandis que 111 disent avoir recours à une autre application et représenteraient 8,5% des établissements.

Question 2
Une grande majorité des collègues (694 soit plus de 70% se déclarent insatisfaits du fonctionnement de MBN) tandis que 57 (5,8%) ne se prononcent pas. Dans près de la moitié des établissements, il n’y a aucune réponse positive à cette question. Le mécontentement est particulièrement fort dans une quinzaine de lycées (8 collègues ou plus ayant répondu non) et chez les personnels de vie scolaire (un seul satisfait). Un cas particulier à noter : celui du collège Le Ried où une autre application avait été testée l’an dernier et où les collègues ayant répondu sont plutôt satisfaits.

Question 3
Les statistiques sont à prendre avec un peu de recul. Certains collègues se déclarant « non satisfaits » ont pourtant coché majoritairement la colonne 1. On peut penser que cela s’explique par une lecture un peu rapide de la question et un réflexe qui fait du 1 la réponse la moins positive.
Malgré tout, on constate que la messagerie est l’application qui pose le plus de problème (plus de 50% de notes 4 et 5) devant la saisie et le suivi des notes et des appréciations (environ 40% de 4 et 5) et la saisie et le suivi des sanctions.

Si on se limite aux personnels de vie scolaire, c’est l’application saisie / suivi des absences qui pose le plus de problème avec plus de 75% des collègues qui lui mettent une note de 4 ou 5.

L’étude qualitative des remarques des collègues (364 réponses) fait apparaitre plusieurs problèmes (liste non exhaustive) :

  • Les nombreux bugs (dont des appels qui ne s’enregistrent pas et des pertes de saisies) occasionnant une perte de temps. C’est de loin le problème qui arrive en tête, juste devant les remarques sur le très (trop) grand nombre de clics pour se connecter et la messagerie ;
  • Cette dernière suscite les commentaires les plus virulents. Sont ainsi pointés, notamment, le choix du mode de réponse imposé par l’expéditeur qui fait qu’on se retrouve avec des morceaux de conversation et une inflation du nombre de mails mais aussi la difficulté pour retrouver un message ou les ratés dans le transfert des mails vers une autre messagerie ;
  • L’impossibilité / la difficulté de consulter l’emploi du temps des collègues et des salles ;
  • L’impossibilité de voir les notes/remarques des élèves dans les autres disciplines ou les notes des trois trimestres lorsqu’on saisit les appréciations ;
  • La difficulté d’éditer des bilans de notes / absences / sanctions ou de faire des statistiques ;
  • Des problèmes d’utilisation pour les section spécialisées (ULIS, UPE2A, Greta), les groupes ou lorsque des cours sortent de l’emploi du temps habituel ;
  • La lourdeur de certains modules (ainsi il n’est pas possible de compléter et valider le cahier de texte au fil du cours ou pour les retards, les enseignants doivent saisir le motif (!) et pour cela utiliser un menu déroulant) ;
  • L’impossibilité / la difficulté pour un trop grand nombre d’élèves ou de parents voire d’agents de se connecter ;
  • Les failles de sécurité (la déconnexion n’est pas effective tant que la personne n’a pas fermé sa session, même identifiant pour le site académique) ;

Plusieurs remarques évoquent le manque d’adaptation de l’outil à nos métiers, jusqu’à mettre les collègues en difficulté professionnelle, notamment pour les personnels de vie scolaire.
Des collègues souhaiteraient un outil qui prenne en compte leurs besoins et soit amélioré plutôt que changé tous les 4 ans.
Quelques points positifs sont aussi évoqués (possibilité de créer des rubriques, des dossiers, des blogs, intégration de Moodle par exemple), ainsi que des progrès au cours de l’année scolaire. Mais ils sont très minoritaires (environ 3% des réponses).

Questions 4, 5 et 6
Les problèmes récurrents engageant la responsabilité professionnelle des collègues et des établissements et les améliorations insuffisantes et tardives ont conduit un certain nombre de collègues (452) à discuter de la possibilité d’acquérir une application complémentaire.
Mais cette décision semble n’être effective que pour une quinzaine d’établissements (soit 8,5% de l’ensemble des sondés). Le choix se porte alors majoritairement sur Pronote (2/3 des établissements). Le financement est alors assuré par un prélèvement sur les fonds propre de l’établissement pour un coût entre 2000 et 3000 euros.

3. L’analyse du SNES-FSU
Les ratés de MBN sont révélateurs des problèmes lorsqu’un « décideur » (en l’occurrence la Région Grand Est) choisit un outil sans qu’il ait été testé, sans évaluer l’outil précédent et sans se préoccuper des besoins des utilisateurs, en l’occurrence les enseignants, personnels de vie scolaire et administratif.
Ils montrent aussi l’absurdité de marchés publics qui obligent à changer de « prestataire » tous les 4 ans, contraignant les personnels à des adaptations chronophages sur des outils mal adaptés. On note aussi l’opacité sur les pénalités prévues pour non respect du cahier des charges et le gâchis d’argent public quand des établissements se tournent vers des solutions locales pour faire face aux dysfonctionnements.
Ils témoignent également de l’incapacité de notre employeur à nous assurer des conditions de travail correctes, renvoyant les collègues à des solutions et bricolages locaux.
C’est pourquoi le SNES-FSU demande que l’Education Nationale promeuve la création d’un outil par et pour elle, outil qui pourrait être amélioré sur le long terme pour éviter les problèmes d’adaptation récurrents et qui garantirait la protection des données de tous les usagers, élèves, parents et personnels.

[Ce bilan a été transmis à Mme la Rectrice et au Président de la région Grand Est.]