Patrick Laudet, Inspecteur Général de Lettres et président du jury de Capes de Lettres, a fait preuve, dans le rapport de jury de 2016, d’un sexisme qui insulte les enseignantes, déshonore la profession et constitue une grave entorse aux valeurs de la Fonction publique. En effet, au nom de la parité, il se réjouit de la présence accrue de « garçons » qui contribuerait à « affiner l’image parfois dégradée qu’ils ont de la discipline », car elle est très féminisée.

Les rapports de jury, surtout quand il s’agit d’un concours aussi important que le Capes, sont lus par des milliers de candidat(e)s, y compris par celles et ceux qui envisagent de préparer le concours plus tard. Les propos incriminés portent atteinte à toutes les femmes enseignantes, à notre métier et notre discipline, dont l’image dégradée serait due à sa forte féminisation, mais aussi au principe de neutralité qui préside dans les concours de la Fonction Publique. A la lecture du rapport, les candidates au concours ne doivent-elles pas craindre une discrimination positive au profit des « garçons » ? Le jury d’un concours de la Fonction Publique se discréditerait grandement si de tels propos n’étaient pas retirés du rapport, comme le demandent à notre Ministre les auteurs de la pétition que vous trouverez au lien suivant :
https://www.change.org/p/najat-vallaud-belkacem-pour-l-égalité-dans-l-enseignement-contre-le-sexisme-du-rapport-du-capes

Rappelons à M. Laudet que ce n’est pas sa féminisation qui discrédite notre discipline et notre métier, mais bien la dégradation des conditions de travail et de salaire. C’est peut-être là qu’il faut chercher l’une des causes de la sur-représentation des femmes, les hommes cherchant des métiers socialement plus valorisés.

On peut aussi s’interroger sur la signification politique de ce qui pourrait à tort n’être considéré que comme un dérapage ou de la maladresse. De tels propos sont malheureusement dans l’air idéologique de notre temps. Ses conceptions de l’enseignement de Lettres ont valu à Patrick Laudet le soutien et les éloges appuyés de Jean-Paul Brighelli dans un article du magazine Causeur. Patrick Laudet est aussi diacre permanent, ordonné par le cardinal Barbarin, et enseigne à l’Université catholique de Lyon. Ce qui pose un tout autre problème : celui des rapports entre la haute fonction publique et la religion, sous l’angle du respect de la laïcité.