28 mars 2017

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Manuel numérique : expérimentation dans 13 lycées alsaciens

Manuel numérique : expérimentation dans 13 lycées alsaciens

La région Grand Est a annoncé vouloir développer l’usage des manuels numériques et mener une expérimentation dans 50 lycées, sur la base du volontariat : 13 établissements sont concernés dans l’Académie de Strasbourg. Les S3 du SNES-FSU des 3 académies concernées (Reims, Nancy-Metz et Strasbourg) ont établi une prise de position commune qu’ils ont transmise à leurs recteurs respectifs lors des CTA. Si le SNES-FSU n’est a priori pas hostile à une expérimentation, les conditions dans lesquelles celle-ci s’est mise en place ne vont pas sans soulever un certain nombre de questions, notamment parce que la Région semble vouloir déposséder l’Education Nationale de ce qui est sa prérogative majeure : les choix pédagogiques. Voici le communiqué que la section académique de Strasbourg a envoyé à la presse mardi 28 mars 2017.

"Si expérimentation il y a, il faudrait que ses résultats soient réellement pris en compte. Ainsi, annoncer dès maintenant une généralisation des manuels numériques en quatre ans nous paraît pour le moins prématuré. Retour ligne automatique
De nombreux aspects de ce projet nous inquiètent et nous déplorons que la Région n’ait pas jugé utile de consulter les enseignants et les représentants des personnels en amont. Ils sont pourtant les premiers utilisateurs des manuels et nous voulons rappeler que leur choix doit rester leur prérogative exclusive.

Avec la Grande Région, nous pouvions espérer une harmonisation des pratiques vers le haut et donc la généralisation de la gratuité des manuels pour tous les élèves, comme c’est actuellement le cas dans l’académie de Reims. Or, si le projet prévoit d’assurer la gratuité des licences, généraliser le manuel numérique imposerait aux familles de s’équiper en matériel informatique mobile alors que moins de la moitié des lycéens disposent actuellement d’une tablette tactile et qu’une utilisation intensive du matériel empêcherait de se contenter d’appareils d’entrée de gamme. Prétendre que l’on pourrait demander aux élèves d’utiliser leur smartphone est méconnaître la réalité du travail en classe. La Région doit clarifier ses projets : comment garantir que chaque élève puisse utiliser ses manuels scolaires en classe comme à domicile ? Par ailleurs, demander aux élèves d’apporter leur équipement informatique entraînerait de très fortes inégalités entre eux.

Alors que l’usage du manuel numérique est présenté comme devant « faciliter l’insertion professionnelle » des lycéens, nous nous interrogeons aussi sur sa pertinence pédagogique. Aucune étude ne démontre qu’il serait plus efficace ou plus souple que le support papier. Le numérique n’est qu’un outil, il n’est pas une fin en soi mais doit être mis au service de la pédagogie.

Se pose également la question de l’équipement des établissements. La région assure vouloir déployer des réseaux wi-fi et renforcer l’équipement des établissements concernés en vidéoprojecteurs. Nous suggérons de commencer par s’assurer que TOUS les établissements disposent d’un matériel informatique fonctionnel et d’une connexion internet performante, et que les équipements choisis ne menacent la santé ni des élèves ni des personnels.

Enfin, le manuel numérique questionne sur son empreinte écologique et son impact sanitaire et social (durée de vie des équipements réduite, surexposition aux ondes wi-fi, déchets électroniques, conditions de travail dans les usines de fabrication).

Pour toutes ces raisons, dans les conditions actuelles, la section académique du SNES-FSU de Strasbourg n’est pas favorable à l’expérimentation envisagée.

Les 3 sections académiques du SNES-FSU du Grand Est ne manqueront pas de s’adresser directement à la Région pour lui porter ces observations. Il est indispensable de garantir la prise en compte des résultats de ce qui ne doit être qu’une expérimentation. Nous demandons un suivi qui soit propre à l’Éducation nationale. Il nous apparaît également indispensable d’y voir représentés les parents d’élèves par le biais de leurs fédérations."

Liste des établissements concernés :

  • LPO Jean-Jacques Henner (Altkirch)
  • LPIC Philippe-Charles Goulden (Bischwiller)
  • LEGT Auguste Bartholdi (Colmar)
  • LEGT Alfred Kastler (Guebwiller)
  • LETP du bâtiment Le Corbusier (Illkirch-Graffenstaden)
  • LEGT Louis Armand (Mulhouse)
  • lycée professionnel du Rebberg (Mulhouse)
  • EPLEFPA Les Sillons de Haute-Alsace (Rouffach)
  • LPO Emile Mathis (Schiltigheim)
  • LEGTPI Jean-Baptiste Schwilgué (Sélestat)
  • LPE François-Charles Schweisguth (Sélestat)
  • collège épiscopal Saint-Etienne (Strasbourg)
  • lycée Notre-Dame (Strasbourg)